Santé et solidarité

Des boîtes à paroles pour aider les victimes à sortir du silence

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Quatre dispositifs ont été installés en centre-ville d’Alès pour permettre aux victimes de violences intrafamiliales de se confier en toute discrétion et de solliciter un accompagnement judiciaire.

Il suffit parfois d’un mot glissé sur un papier pour changer la donne. À Alès, quatre boîtes à paroles ont été déployées depuis six mois dans des lieux publics afin d’offrir aux victimes de violences intrafamiliales un moyen simple, discret et sécurisé de demander de l’aide. Une initiative née d’un partenariat entre la municipalité et le Tribunal judiciaire d’Alès, avec un objectif clair : permettre à celles et ceux qui ont peur et qui sont isolés de se faire entendre. Les boîtes ont été installées à l’intérieur de la Maison de la Jeunesse, dans la médiathèque Alphonse-Daudet (près des sanitaires), à l’espace André-Chamson (derrière les poteaux de la cour), ainsi qu’à l’espace Alès-Cazot (à droite de l’entrée). « Leur implantation permet aux victimes de déposer un courrier facilement et en toute discrétion, avec un alibi naturel : un passage aux toilettes, aux services municipaux…, décrit Alexandra Lagulhon, conseillère municipale d’Alès, déléguée à l’Égalité femmes-hommes et à la Lutte contre les violences intrafamiliales. Il faut permettre aux victimes d’agir sans éveiller les soupçons de leur entourage ou de leur agresseur »

Les boîtes sont relevées quotidiennement

Le fonctionnement est volontairement simple : à l’occasion d’une sortie, il suffit de déposer un bout de papier décrivant la situation, en laissant un numéro de téléphone, un mail, une adresse ou tout autre moyen d’être recontacté ou de donner suite au signalement. Chaque jour, les boîtes sont relevées par un agent de la police municipale d’Alès. Les éventuels courriers sont ensuite transmis directement au procureur de la République qui peut alors engager les procédures adaptées. Depuis la mise en place du dispositif, quatre courriers ont déjà été adressés à l’institution judiciaire. 

Pour Alexandra Lagulhon, cette initiative répond à une nécessité de terrain : « C’est une action concrète et locale pour les victimes », qui plus est, qui vient renforcer les dispositifs déjà présents sur le territoire : associations d’aide aux victimes, numéros d’urgence, dispositif Angela ou encore structures spécialisées. « L’idée est d’offrir une porte d’entrée supplémentaire à des victimes souvent paralysées par la peur, la dépendance ou l’isolement. »

Le projet a été financé par le club Soroptimist d’Alès et coordonné par la Ville dans le cadre d’une convention partenariale avec le Tribunal judiciaire. Et il pourrait encore évoluer dans les prochains mois. « Beaucoup de lieux ont de la pertinence pour accueillir des boîtes à paroles. Nous ferons une évaluation de ce dispositif dans un an », indique Alexandra Lagulhon. De nouvelles installations, dans d’autres quartiers de la ville cette fois, ne sont donc pas exclues.