Le Festival Y.S., c’est avant tout une question de racines. En l’occurrence celles de Nathalie Dunoir-Picco, dont la mère biologique (Marcelle) enceinte d’un Algérien (Mohammed) a été poussée par la pression sociale et le racisme ordinaire à abandonner l’enfant à l’Assistance publique, avant d’être adoptée par un couple de Franciliens. Ses origines algériennes, Nathalie a mis cinq décennies à les retrouver.
De cette quête est née l’association “Marcelle et Mohammed”, visant à favoriser les échanges culturels et artistiques entre France et Algérie. Puis est venue l’idée d’un festival, nourrie par un autre évènement marquant : le décès de son meilleur ami, le réalisateur occitan Yann Sinic, dont les initiales donnent son nom au Y.S. Festival.
Une compétition de courts métrages algériens
Coorganisé en dix-huit mois avec le producteur algérien Aghiles Rebrab, avec le soutien notamment d’Itinérances et des Films Invisibles, le rendez-vous réunira pendant trois jours projections publiques, conférences sur le cinéma et rencontres professionnelles autour de courts métrages. La compétition est ouverte aux réalisateurs et producteurs algériens, dans les catégories fiction, documentaire, animation/expérimental. Vingt-trois films ont été sélectionnés.
Leurs auteurs seront présents à Saint-Jean-du-Gard pour rencontrer distributeurs, producteurs et directeurs de festivals français. Ceux qui seront primés auront le privilège d’être diffusés sur d’autres écrans régionaux et nationaux.
« Ça suscite un véritable engouement. Tout le monde se demande où en est aujourd’hui le cinéma algérien… », souligne Nathalie Dunoir-Picco. Pour le public grand-alésien, le Y.S. Festival sera l’occasion de découvrir un cinéma rarement mis en avant hors de ses frontières. « Ces vingt-trois films racontent l’Algérie d’au- jourd’hui et montrent que, des deux côtés de la Méditerranée, nous avons tous les mêmes préoccupations », estime l’organisatrice.
Autre invité annoncé : Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie depuis décembre 2025, qui devrait assister aux trois journées du festival pour soutenir cette première édition. « C’est vraiment le bon moment pour créer ce festival. Il suscite beaucoup d’enthousiasme ! », conclutNathalie Dunoir-Picco.
Y.S. Festival
Adresse
Salle Stevenson, Avenue René Boudon,
30270 Saint-Jean-du-Gard
Tarifs
5,50 € la séance, 3,50 € réduit