Environnement

L’EPTB Gardons traite la renouée du Japon jusqu’à la fin de l’été à Alès

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Le syndicat de rivière a entamé des travaux conséquents dans le cadre de la lutte contre les espèces invasives. Une méthode de travail qui allie réduction de l’empreinte carbone et traitement écologique.

Rassurez-vous, si vous avez aperçu quelques pelles mécaniques draguer le Gardon en aval du pont de la rocade, à Alès, ce n’est pas dans le but de construire une nouvelle digue. L’EPTB Gardons (Établissement public territorial de bassin) réalise d’importants travaux pour débarrasser le lit de la rivière des bosquets, appelés aussi mattes, de renouée du Japon. À Alès, 43 mattes de renouée s’étendent sur 1 000 m² de rive, depuis le pont du 18-Juin-1940 et sur 1 km en aval du Gardon. Trois mois de travaux seront nécessaires pour en venir à bout ; un budget de 75 000 € HT financés à 30 % par l’Agence de l’Eau.
La renouée du Japon est originaire d’Asie. Classée parmi les espèces exotiques envahissantes (EEE), elle a été introduite en Europe à la fin du XIXe siècle et a fortement colonisé de nombreux pays. « Contrairement à l’ambroisie qui est allergène, la renouée du Japon ne présente aucun danger pour l’homme. En revanche, elle a un impact sur les milieux naturels qui peut être à terme dramatique. Nous devons la traiter », développe Jean-Philippe Reygrobellet, chargé de mission “milieux aquatiques” à l’EPTB Gardons.

1 000 m2 de berges à traiter sur le Gardon

La renouée pousse bien et vite. Ses racines plongent jusqu’à deux mètres de profondeur et ses rhizomes se déploient sur une périphérie de deux mètres également. Les rhizomes fragmentés, suite à une inondation ou un arrachage, se disséminent dans le courant de la rivière et envahissent ainsi le lit du cours d’eau en aval. Si rien n’est fait, la renouée peut atteindre jusqu’à trois mètres de haut et il devient quasiment impossible alors de la gérer à tel point que certaines berges, à Mialet ou La Grand-Combe, sont aujourd’hui inaccessibles.
Les espèces envahissantes sont également une menace pour la biodiversité. « Elles réduisent les habitats et peuvent décimer les autres espèces de plantes autochtones ou ripisylves (les arbres bordant les rivières, ndlr) », avance Jean-Philippe Reygrobellet. C’est donc un travail de gestion sur le long terme que doivent entreprendre les pouvoirs publics, afin de contenir les EEE et permettre aux services municipaux d’accéder aux rives des rivières pour les rendre praticables par la population.

Un chantier à portée écologique

Le traitement de la renouée se fait in situ, à la pelle mécanique. Dans un godet concasseur, le lit de la rivière est raclé avec les racines, rhizomes, branches, terre et graviers. Dans le sol décaissé, on place un géotextile biodégradable dans lequel la terre et les rhizomes fracassés sont replacés. Le tout est enfermé, à l’abri de la lumière pour bloquer les jeunes pousses et les laisser pourrir.
Il faut compter deux années avant que les restes de plante soient totalement décomposés. Les renouées arrachées au sol de graviers sont déposées sur un site moins exposé aux inondations plus en aval.