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Fanny Guignard signe un premier roman sur les liens à l’épreuve de la maladie

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Avec “Quand les mots restent”, l’autrice de Saint-Etienne-de-l’Olm donne à lire un premier roman d’une grande justesse, à la croisée de l’intime et de l’universel. Publié fin 2025, l’ouvrage puise sa matière dans une expérience profondément personnelle : l’accompagnement de sa mère, atteinte de démence, et l’évolution du lien mère-fille au fil de la maladie. Un sujet délicat, abordé ici avec retenue, sensibilité et une écriture incarnée.

Loin de tout témoignage médical, le livre explore « ce que la maladie fait aux liens familiaux, à la mémoire et au langage ». Page après page, Fanny Guignard décrit les ajustements silencieux du quotidien, la fatigue des proches aidants, les pertes progressives, mais aussi l’amour qui persiste et se transforme. « Tout ce qui continue de tenir, parfois seulement par les mots… », écrit l’autrice, donnant son titre au roman.

La force de l’ouvrage réside dans sa capacité à dire l’indicible sans jamais forcer l’émotion. Depuis son cocon familial de Saint-Etienne-de-l’Olm, Fanny Guignard a choisi une écriture épurée, attentive aux détails et aux silences. Les scènes se succèdent comme autant d’instantanés : un regard qui se trouble, une phrase qui se défait, un souvenir qui échappe. Autant de fragments qui composent un récit profondément humain.

Un récit intime ancré dans l’expérience

À travers cette relation mère-fille mise à l’épreuve, « le roman interroge la place des proches aidants, souvent invisibles, et la manière dont on reste en relation quand les repères se délitent », décortique Fanny Guignard. La transmission, thème central de l’ouvrage, se joue ici autrement : « Quand la mémoire flanche, ce sont les gestes, la présence et les mots, même fragiles, qui prennent le relais ».

Si le livre s’ancre dans une histoire singulière, il fait écho à une réalité partagée par de nombreuses familles confrontées à la maladie neurodégénérative. C’est sans doute ce qui lui donne sa portée : « Chacun peut s’y reconnaître, retrouver des situations vécues, des émotions tues, des questions sans réponses ».

Avec “Quand les mots restent”, Fanny Guignard propose un premier roman sensible et maîtrisé, qui ouvre un espace de réflexion et de reconnaissance pour celles et ceux qui accompagnent. Un texte sobre et nécessaire qui rappelle que, même lorsque la mémoire s’efface, les mots et ce qu’ils portent peuvent encore relier.

  • “Quand les mots restent”, de Fanny Guignard
    Éditions Atramenta, 118 pages, 13 €